Sénégal : pourquoi les ordures envahissent-elles les rues de Dakar ?
Par Ndiawar Diop
Dakar, capitale du Sénégal, est une ville dynamique et le cœur économique du pays. Pourtant, depuis plusieurs jours, de nombreux quartiers sont confrontés à une situation préoccupante : les ordures ménagères s’accumulent dans les rues, transformant certains espaces publics en véritables dépotoirs à ciel ouvert.
Dans plusieurs secteurs de la capitale, les sacs de déchets s’entassent au pied des poteaux électriques, devant les habitations, aux abords des marchés, des écoles et des axes routiers. Les opérations de collecte semblent fortement perturbées, laissant les habitants dans l’inquiétude.
Les conséquences sont visibles et préoccupantes.
À mesure que les déchets s’accumulent, les odeurs deviennent difficilement supportables. Les températures élevées accélèrent la décomposition des matières organiques, favorisant la prolifération des mouches, des moustiques, des rongeurs et d’autres nuisibles susceptibles de transmettre des maladies.
Dans des marchés très fréquentés comme Tilène, Sandaga, le Marché Syndicat de Pikine ou encore dans certains quartiers des HLM, commerçants et riverains expriment leur lassitude. Les produits alimentaires sont vendus à proximité immédiate des amas de déchets, ce qui soulève des inquiétudes légitimes en matière d’hygiène et de santé publique.
Au-delà de l’inconfort quotidien, cette situation risque d’avoir des répercussions sur l’activité économique. Les clients hésitent à fréquenter des espaces envahis par les mauvaises odeurs et les déchets, tandis que les commerçants redoutent une baisse de leur clientèle.
La gestion des déchets constitue un service public essentiel. Lorsqu’elle est interrompue, même temporairement, ce sont l’ensemble de la population, l’environnement et l’économie locale qui en subissent les conséquences.
Face à cette crise, de nombreux citoyens s’interrogent sur les raisons de cette interruption du ramassage des ordures. Quelles sont les difficultés rencontrées ? Relèvent-elles d’un mouvement social, d’un problème de financement, d’une insuffisance de matériel ou d’une réorganisation du service ? Les Sénégalais attendent des explications claires ainsi que des solutions rapides.
Au-delà de l’urgence, cette situation rappelle la nécessité de mettre en place une politique durable de gestion des déchets, fondée sur une collecte régulière, le tri, le recyclage, la valorisation des déchets et une sensibilisation permanente des populations.
La propreté d’une capitale ne constitue pas seulement une question d’esthétique.
Elle est un enjeu de santé publique, de dignité, d’attractivité économique et de respect de l’environnement.
Le Sénégal mérite des villes propres, où chaque citoyen peut vivre et travailler dans un cadre sain.
Comme le dit si bien l’expression populaire : « Saleté baaxul ».
La propreté est l’affaire de tous, mais elle commence par une organisation efficace des services publics et un engagement collectif pour préserver notre cadre de vie.
Par Ndiawar Diop


















































