Accueil Chronique Actualités Chronique Société LE SPECTACLE QUI VEUT SE FAIRE PASSER POUR LA SAINTETÉ : LE...

LE SPECTACLE QUI VEUT SE FAIRE PASSER POUR LA SAINTETÉ : LE MOURIDISME MÉRITE MIEUX QUE CETTE CONFUSION ! – Par Ndiawar DIOP

0
0

LE SPECTACLE QUI VEUT SE FAIRE PASSER POUR LA SAINTETÉ : LE MOURIDISME MÉRITE MIEUX QUE CETTE CONFUSION !
– Par Ndiawar DIOP

Il est arrivé le moment où le silence n’est plus une vertu.
Oui, c’est le moment où, par respect pour une tradition spirituelle, pour la mémoire de ses grands hommes et pour l’intelligence des générations futures, il faut poser les questions qui dérangent.

Et aujourd’hui, une question mérite d’être posée sans haine, sans passion et sans complaisance :
À quel moment le mouridisme est-il devenu un théâtre où le bruit, les tambours, les danses, les foules et la mise en scène peuvent être confondus avec la spiritualité ?

Voilà le véritable problème.
Il ne s’agit pas ici de condamner une personne. Il ne s’agit pas davantage de nier à qui que ce soit le droit de vivre sa foi, de rassembler ses disciples ou de rendre hommage à ceux qu’il vénère.

Mais lorsqu’une personne revendique une place spirituelle exceptionnelle et prétend s’inscrire dans l’héritage de Cheikh Ahmadou Bamba, la question devient légitime :
où se trouve la frontière entre la liberté personnelle et la dénaturation d’un enseignement religieux ?

Car Serigne Touba n’a pas bâti son œuvre sur le spectacle.
Il n’a pas fait de la danse son instrument de propagation.
Il n’a pas construit son enseignement autour de la recherche de l’effet produit sur les foules.

Son combat fut celui de la connaissance, de la discipline, de l’adoration, du travail, de la soumission à Allah et du respect scrupuleux des enseignements du Prophète Muhammad ﷺ.

Le mouridisme n’est pas une scène. Le mouridisme est une école. Une école de soumission à Allah. Une école de travail. Une école de discipline. Une école de pudeur. Une école de comportement. Une école où le disciple est censé chercher à ressembler à son enseignement, et non à transformer l’enseignement en décor de sa propre personnalité.

Le problème n’est donc pas la foule. C’est ce qu’on lui enseigne.
Une foule immense n’est pas automatiquement le signe d’une vérité.
Les applaudissements ne sont pas une preuve de sainteté.
Les tambours ne sont pas un certificat de conformité religieuse.
La popularité n’est pas une ijaza.
Et le nombre de disciples ne transforme pas mécaniquement une pratique controversée en pratique islamique.
C’est précisément là que se trouve le malaise.

Depuis plusieurs années, les images et les récits entourant cette figure ont suscité de nombreuses controverses au sein de la communauté mouride. En 2019 déjà, des accusations avaient porté sur l’exercice de prérogatives religieuses, notamment la célébration de mariages et de baptêmes. Ces accusations avaient été contestées par l’intéressée, mais l’affaire avait provoqué une réaction particulièrement ferme de l’autorité mouride.

Le problème n’est donc pas nouveau.
Il existe depuis longtemps un débat sur la nature exacte de cette autorité, sur sa légitimité et sur sa compatibilité avec les règles de la communauté mouride.

Et maintenant, voici le paradoxe. Une personne longtemps considérée comme en rupture avec certaines orientations de Touba peut être reçue dans une maison de la famille de Serigne Touba.

Très bien.
Une porte ouverte n’est pas une fatwa.
Un accueil fraternel n’est pas une canonisation.
Une chambre ouverte n’est pas une investiture spirituelle.
Un cœur ouvert n’est pas nécessairement l’approbation de toutes les pratiques de celui ou celle qui est reçu.

Voilà une distinction fondamentale que certains semblent volontairement oublier.

Le 30 juin 2026, une audience a effectivement eu lieu à Touba sous le ndigël du Khalife général. Mais les comptes rendus publiés de cette rencontre indiquent surtout que des recommandations ont été transmises, notamment concernant le respect des orientations de la voie mouride et le fait de se ranger derrière Serigne Saliou Thioune.

Autrement dit :
recevoir quelqu’un ne signifie pas nécessairement valider tout ce qu’il fait.
Et c’est précisément là que certains voudraient brouiller les cartes.

Serigne Saliou Mbacké avait pourtant été d’une clarté remarquable
Le rappel est essentiel.

Dans la présentation de sa pensée et de son héritage, Serigne Saliou Mbacké est décrit comme ayant placé l’Islam et la préservation de l’héritage de Serigne Touba au centre de sa mission, en affirmant que rien, en dehors de cette préoccupation religieuse, ne devait retenir son attention.

Voilà le principe.
L’Islam d’abord.
Pas la personnalité.
Pas le prestige.
Pas le nombre de disciples.
Pas les privilèges.
Pas le spectacle.
Pas l’argent.
Pas les titres.
Pas la fascination populaire.
L’Islam.

Et lorsqu’une pratique est incompatible avec les principes de l’Islam, aucune foule, aucune danse, aucune réputation et aucun slogan ne devraient suffire à la transformer en acte religieux.

Le mouridisme n’a pas besoin de copier le monde pour attirer le monde
C’est peut-être là le plus grand danger.
À force de vouloir séduire les foules avec les codes du spectacle moderne, on risque de transformer une voie spirituelle en phénomène de divertissement.

Des chanteurs.
Des tam-tams.
Des danses.
Des scènes.
Des vêtements qui attirent davantage le regard que le message religieux.
Des foules en extase.
Des personnalités placées au centre.
Et au milieu de tout cela, on invoque Serigne Touba.

Mais Serigne Touba n’est pas un décor.
Son nom n’est pas une marque commerciale.
Son héritage n’est pas un costume que chacun peut enfiler pour légitimer ses propres pratiques.
Il y a une exigence derrière le nom de Cheikh Ahmadou Bamba.
Et cette exigence s’appelle l’orthodoxie islamique.

Et la question de la femme ?
Soyons sérieux.
Le débat ne doit pas être réduit à une prétendue incapacité d’une femme à exercer une responsabilité.
Ce serait trop facile et intellectuellement faible.

L’histoire musulmane connaît des femmes savantes, pieuses, enseignantes et influentes.

Le véritable problème est ailleurs :
peut-on s’autoproclamer autorité spirituelle et exercer des fonctions religieuses contestées tout en revendiquant simultanément l’héritage d’une voie dont les autorités établies rappellent les règles et la discipline ?

C’est cette question qui mérite réponse. Ce n’est pas le sexe qui doit être le principal argument. C’est la conformité aux enseignements.

Et si l’on prétend représenter Serigne Touba, alors il faut accepter d’être jugé à l’aune de Serigne Touba.
C’est aussi simple que cela.
On ne peut pas réclamer l’héritage et refuser les contraintes de l’héritage
Voilà peut-être toute l’affaire résumée en une phrase.

On ne peut pas réclamer le prestige de Serigne Touba quand cela arrange, puis considérer comme secondaires les règles, la discipline et les orientations de la communauté lorsqu’elles deviennent contraignantes.

On ne peut pas se réclamer de Serigne Saliou lorsqu’il s’agit de légitimer une filiation spirituelle, puis oublier que son enseignement mettait précisément l’Islam au-dessus des considérations personnelles.

On ne peut pas brandir le nom des grands Cheikhs uniquement lorsqu’il sert une cause personnelle.
L’héritage spirituel n’est pas un menu à la carte.
On ne choisit pas les morceaux qui nous arrangent.
Et à ceux qui confondent tolérance et approbation…

Il faut rappeler quelque chose de très simple.
La tradition mouride a toujours connu la grandeur du pardon, de l’accueil, de la médiation et de la réconciliation.

Mais pardonner n’est pas approuver.
Recevoir n’est pas consacrer.
Dialoguer n’est pas capituler.
Ouvrir une porte n’est pas abandonner ses principes.
Et offrir l’hospitalité à quelqu’un ne signifie nullement que l’on valide chacune de ses paroles ou de ses pratiques.
C’est justement cette confusion qu’il faut combattre.

Car si demain chaque accueil familial devient une validation théologique, alors nous n’aurons plus besoin de savants, plus besoin de principes, plus besoin de discipline.

Il suffira d’être reçu quelque part pour s’autoproclamer légitime.
Ce serait une dangereuse dérive.
Touba n’est pas Las Vegas
Il faut le dire avec toute la gravité nécessaire.
Touba n’est pas une capitale du spectacle.
Touba n’est pas une boîte de nuit à ciel ouvert.
Touba n’est pas un festival où la puissance d’un guide se mesure au volume des tam-tams et à l’intensité des danses.

Touba est née d’une ambition beaucoup plus haute :
faire de la foi, du travail, de la connaissance et de la soumission à Allah le centre de l’existence.

Celui qui prétend représenter cet héritage devrait donc être le premier à s’interroger sur chacun de ses gestes.
Car plus on réclame une autorité spirituelle élevée, plus l’exigence doit être grande.

La question finale est brutale, mais nécessaire
Si demain quelqu’un se proclame héritier de Serigne Touba, mais fait exactement le contraire de ce que l’on sait de son enseignement, devons-nous applaudir simplement parce qu’il rassemble des milliers de personnes ?

Non.

Si quelqu’un organise des rassemblements gigantesques, avec musique, danse et spectacle, devons-nous automatiquement appeler cela du dhikr ou du mouridisme ?

Non.

Si quelqu’un est reçu par un petit-fils de Serigne Touba, devons-nous considérer que toutes ses pratiques viennent soudainement d’être validées ?

Encore une fois : non.

La vérité religieuse ne se mesure ni au nombre de personnes présentes, ni au volume des applaudissements, ni à la puissance des moyens financiers, ni à la proximité avec telle ou telle famille.

Elle se mesure à la conformité au Livre d’Allah, à la Sunna du Prophète PSL et aux principes authentiques de la voie revendiquée.

C’est cela que Serigne Touba a laissé.
C’est cela que Serigne Saliou a défendu.
Et c’est cela que les générations futures doivent préserver.
Parce qu’à force de transformer la spiritualité en spectacle, nous finirons par avoir beaucoup de bruit…
mais de moins en moins de lumière.

Et le jour où le tam-tam couvrira la voix du Coran, où la personnalité couvrira le Cheikh, où le spectacle couvrira la spiritualité et où l’image couvrira l’enseignement, il faudra alors avoir le courage de poser une dernière question :

Sommes-nous encore en train de servir l’héritage de Serigne Touba, ou sommes-nous simplement en train de nous servir de son nom ?

Serigne Saliou Diop Ndiawar.
Www.ndiawardiop.com #ndiawardiop#jawarjobe#SunuKer#SunuKer#ndiawardiop#jawarjobe#toutlemonde#toutlemonde#followerseveryone#ALAUNE#followers#toutlemonde#toutlemonde#Touba#aidadiallo

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

LIVE
🔴 EN DIRECT : SUNUKER FM • Cliquez sur "ÉCOUTER EN DIRECT" pour suivre nos émissions en temps réel • 🇸🇳 Actualités du Sénégal • 🌍 Actualités Internationales • 🎙️ Débats • 🎤 Interviews Exclusives • ⚽ Sport • 🎵 Musique • 📻 La radio de votre communauté disponible 24h/24 et 7j/7 • 🔥 Ne manquez aucune information importante •