Accueil Chronique Actualités Chronique Politique La gauche des ruines : quand les fossoyeurs d’hier prétendent encore écrire...

La gauche des ruines : quand les fossoyeurs d’hier prétendent encore écrire l’avenir du Sénégal. Par Ndiawar Diop

0
0
La gauche des ruines : quand les fossoyeurs d'hier prétendent encore écrire l'avenir du Sénégal Par Ndiawar Diop

La gauche des ruines : quand les fossoyeurs d’hier prétendent encore écrire l’avenir du Sénégal

Par Ndiawar Diop

Il existe au Sénégal une catégorie d’hommes politiques qui ont survécu à toutes les alternances sans jamais produire la moindre richesse, la moindre révolution industrielle, le moindre modèle économique crédible. Leur seule spécialité est de renaître à chaque crise comme des prophètes du chaos. Aujourd’hui, ils se sont trouvés un nouveau refuge : PASTEF.

Ils parlent au nom du peuple, mais vivent de la contestation permanente. Ils dénoncent les institutions lorsqu’ils sont dehors, puis cherchent à les contrôler lorsqu’ils y entrent. Ils se présentent comme les gardiens de la démocratie, mais leur discours repose trop souvent sur une logique d’affrontement où l’adversaire politique cesse d’être un concurrent pour devenir un ennemi.

Le plus ironique est qu’ils continuent de vendre aux Sénégalais des recettes idéologiques que leurs propres inventeurs ont largement abandonnées. Les grands débats qui opposaient autrefois la gauche et la droite ont laissé place, partout dans le monde, à une autre réalité : les États défendent désormais leurs intérêts nationaux, leur souveraineté économique, leur compétitivité et leurs alliances stratégiques. Les États-Unis défendent d’abord les intérêts américains. La Chine défend les intérêts chinois. Les pays du Golfe défendent leurs intérêts. L’Inde défend les siens. Même l’Europe, longtemps porteuse de grands projets idéologiques, privilégie aujourd’hui la sécurité énergétique, la compétitivité industrielle et la maîtrise de ses frontières.

Et pendant que le monde avance, certains veulent encore enfermer le Sénégal dans des schémas hérités d’une autre époque.

Depuis plusieurs années, la vie politique sénégalaise s’est progressivement transformée en un théâtre de confrontation permanente. Les manifestations répétées, les tensions avec les institutions, la remise en cause constante de la légitimité des adversaires politiques et un climat de polarisation extrême ont profondément marqué le pays. Ces épisodes ont laissé des blessures durables et alimenté un débat toujours vif sur la responsabilité des différents acteurs dans cette dégradation du climat politique.

L’arrivée de PASTEF au pouvoir devait marquer le début d’une nouvelle ère. Pourtant, l’exercice du pouvoir a rapidement révélé que gouverner un État est infiniment plus complexe que mener une campagne permanente. Les difficultés économiques, les discussions avec les partenaires financiers internationaux et les désaccords au sommet de l’État ont mis en lumière les limites d’une politique fondée sur la rupture permanente.

Le slogan « Diomaye mooy Sonko » avait convaincu des millions de Sénégalais qu’il n’existait qu’une seule voix au sommet de l’État. Les événements de 2026 ont pourtant montré que les responsabilités présidentielles imposent parfois des choix différents de ceux dictés par la logique partisane. Les tensions publiques entre les deux anciens alliés ont illustré les difficultés de concilier fidélité politique et exigences de la gouvernance.

À mesure que les responsabilités se sont accumulées, une autre réalité est apparue : un chef d’État doit parler à tous les Sénégalais. Il doit rassurer les investisseurs, préserver la crédibilité financière du pays, maintenir le dialogue avec les partenaires internationaux et garantir la stabilité des institutions. Ces impératifs dépassent largement les slogans de campagne.

C’est pourquoi l’attitude plus prudente que semble adopter aujourd’hui le président Bassirou Diomaye Faye mérite d’être observée avec attention. Si son expérience du pouvoir le conduit à privilégier le rassemblement plutôt que la confrontation permanente, alors cette évolution pourrait contribuer à apaiser un climat politique devenu trop longtemps conflictuel.

Le Sénégal n’a pas besoin d’une révolution permanente. Il a besoin d’une révolution du travail, de la compétence, de l’investissement, de l’éducation et de la production.

L’heure n’est plus aux discours qui divisent les Sénégalais entre « bons patriotes » et « mauvais citoyens ». Elle est à la reconstruction d’une nation capable de mobiliser toutes ses intelligences, quelles que soient leurs sensibilités politiques.

Les peuples ne mangent pas les slogans. Ils vivent des résultats. Ils ne bâtissent pas leur avenir sur des affrontements sans fin, mais sur des institutions solides, une économie dynamique et une capacité collective à dépasser les fractures.

L’Histoire est souvent cruelle avec ceux qui confondent agitation et gouvernance. Gouverner exige davantage que dénoncer. Cela demande de rassembler, d’arbitrer et de construire.

Et c’est précisément sur ce terrain que les Sénégalais jugeront, au final, tous les acteurs politiques.

Ndiawar Diop
www.ndiawardiop.com

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

LIVE
🔴 EN DIRECT : SUNUKER FM • Cliquez sur "ÉCOUTER EN DIRECT" pour suivre nos émissions en temps réel • 🇸🇳 Actualités du Sénégal • 🌍 Actualités Internationales • 🎙️ Débats • 🎤 Interviews Exclusives • ⚽ Sport • 🎵 Musique • 📻 La radio de votre communauté disponible 24h/24 et 7j/7 • 🔥 Ne manquez aucune information importante •