Mendicité au Sénégal : un phénomène social qui appelle une réponse urgente
Par Ndiawar Diop
La mendicité demeure l’une des réalités sociales les plus visibles dans les rues du Sénégal. Dans les grandes villes comme Dakar, mais aussi dans plusieurs localités de l’intérieur du pays, femmes, enfants et personnes vulnérables sollicitent quotidiennement l’aide des passants pour survivre.
Ce phénomène, loin d’être nouveau, semble prendre une ampleur inquiétante au fil des années. Il révèle les difficultés persistantes auxquelles une partie de la population reste confrontée : pauvreté, chômage, précarité familiale et insuffisance des mécanismes de protection sociale.
Dans une société où les formes traditionnelles de solidarité ont longtemps constitué un filet de sécurité pour les plus fragiles, les mutations économiques et sociales actuelles fragilisent progressivement ces protections communautaires. Beaucoup de familles se retrouvent ainsi sans ressources suffisantes pour faire face aux besoins essentiels.
La situation des enfants mendiants est particulièrement préoccupante. Leur présence massive dans certains espaces publics pose des questions fondamentales sur la protection de l’enfance, l’accès à l’éducation et la responsabilité collective. Un enfant devrait être dans une salle de classe ou dans un environnement sécurisé, et non exposé aux dangers de la rue.
La lutte contre la mendicité ne peut cependant se limiter à des opérations ponctuelles ou à des discours. Elle nécessite une politique globale associant prévention, accompagnement social, lutte contre la pauvreté et application effective des lois protégeant les personnes vulnérables.
Les autorités publiques doivent renforcer les dispositifs sociaux, soutenir davantage les familles en difficulté et proposer des alternatives crédibles aux personnes contraintes de tendre la main pour survivre. De leur côté, les citoyens doivent également s’interroger sur les pratiques qui, parfois malgré de bonnes intentions, peuvent contribuer à maintenir certaines formes d’exploitation de la vulnérabilité.
La question demeure : comment construire un Sénégal où chaque citoyen peut vivre dignement sans dépendre de la charité quotidienne ? Le développement ne peut être pleinement réussi tant qu’une partie de la population reste exclue des opportunités économiques et sociales.
Les populations attendent des résultats concrets et visibles. Les promesses de changement doivent se traduire par des améliorations réelles dans la vie quotidienne des citoyens, notamment les plus démunis.
Éradiquer la mendicité abusive et réduire la pauvreté ne relèvent pas seulement d’une obligation politique : c’est un devoir humain et une exigence de dignité collective.
Par Ndiawar Diop


















































