L’Afrique n’est condamnée par aucun destin : notre avenir dépend avant tout de nous
Pendant trop longtemps, les Africains ont entendu dire que leur continent était voué à l’échec, que la pauvreté, les conflits ou le sous-développement constituaient une fatalité. Certains sont même allés jusqu’à invoquer des interprétations religieuses ou historiques pour tenter de justifier les difficultés que connaît l’Afrique.
Il est temps de tourner définitivement cette page.
Aucun peuple sur cette terre n’est maudit. Aucun continent n’est condamné à demeurer éternellement à la traîne. L’histoire de l’humanité montre au contraire que les nations qui connaissent aujourd’hui la prospérité ont elles aussi traversé des périodes de guerres, de crises économiques, de famines ou d’instabilité avant de rebondir.
L’Afrique ne manque ni d’intelligence, ni de ressources, ni de courage.
Sa plus grande richesse n’est pas enfouie dans son sous-sol. Elle réside dans ses femmes, ses hommes et surtout dans sa jeunesse. Le continent possède l’une des populations les plus jeunes du monde. Pour les institutions internationales, cette dynamique démographique peut devenir un formidable levier de croissance si les États investissent dans l’éducation, la santé, les compétences et l’emploi.
Mais ce potentiel ne produira des résultats que si nous décidons d’en faire une priorité.
Croire en nous-mêmes ne signifie pas rejeter le reste du monde. Cela signifie cesser de penser que notre salut viendra toujours d’ailleurs. Les partenariats internationaux sont utiles, mais ils ne remplaceront jamais une gouvernance responsable, des institutions solides, une justice indépendante et une économie créatrice d’emplois.
L’Afrique ne se développera pas uniquement grâce à ses ressources naturelles. Elle se développera en valorisant son capital humain, en encourageant l’innovation, en soutenant ses entrepreneurs, en modernisant son agriculture, en investissant dans la recherche et en donnant à sa jeunesse les moyens de transformer ses idées en projets concrets.
Il appartient également aux Africains de dépasser les divisions qui freinent leur développement. Les rivalités ethniques, les querelles politiques permanentes, la corruption, le favoritisme et la mauvaise gouvernance ont souvent coûté plus cher au continent que le manque de ressources. Chaque fois que l’intérêt général cède la place aux intérêts particuliers, c’est toute une nation qui recule.
L’avenir de l’Afrique dépend aussi d’un changement de mentalité. Nous devons apprendre à valoriser nos compétences, à consommer davantage ce que nous produisons, à faire confiance à nos chercheurs, à nos ingénieurs, à nos artisans et à nos entrepreneurs. Le développement durable ne peut être importé ; il se construit de l’intérieur.
L’histoire n’est pas écrite d’avance.
Les générations qui nous ont précédés nous ont légué un continent riche de cultures, de langues, de traditions et de talents. Il nous appartient désormais de transformer cet héritage en prospérité, en stabilité et en progrès.
Le plus grand défi de l’Afrique n’est pas de convaincre le monde de croire en elle.
Le plus grand défi est que les Africains croient eux-mêmes en leur capacité à bâtir leur propre avenir.
Le jour où nous remplacerons le doute par la confiance, la dépendance par l’initiative et la résignation par l’action, l’Afrique révélera pleinement son immense potentiel.
Notre destin ne dépend pas d’une malédiction.
Il dépend des choix que nous faisons aujourd’hui pour les générations de demain.
Par Ndiawar Diop


















































