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Le mépris de certains personnages politiques et publiques envers leur semblable sénégalais, c’est offusquant ! Par Ndiawar Diop

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Le mépris de certains personnages politiques et publiques envers leur semblable sénégalais, c'est offusquant ! Par Ndiawar Diop

Le mépris : la fracture invisible de notre société

Par Ndiawar Diop

Le mépris ne fait jamais autant de bruit que lorsqu’il provient d’un dirigeant politique, d’une personnalité publique ou d’une figure médiatique. À la moindre déclaration maladroite, l’indignation gagne les plateaux de télévision, les journaux consacrent leurs unes au scandale et les réseaux sociaux désignent rapidement un coupable.

Pourtant, une question mérite d’être posée : le mépris est-il uniquement l’affaire de ceux qui exercent le pouvoir ?

Si nous observions notre quotidien avec sincérité, nous constaterions qu’il s’est discrètement installé dans nos conversations, nos familles, nos lieux de travail, nos écoles et jusque dans nos échanges virtuels. Il ne porte pas toujours un visage politique. Bien souvent, il se cache derrière une remarque blessante, un regard de supériorité, une moquerie, une exclusion ou un silence volontaire.

Nous expliquons volontiers cette dégradation des relations humaines par les difficultés économiques, les crises sociales ou les tensions politiques. Ces facteurs existent, mais ils ne suffisent pas à expliquer pourquoi nous avons tant de mal à accepter celui qui pense autrement, croit autrement ou vit autrement.

Notre époque semble avoir transformé la différence en menace.

Une opinion divergente devient parfois une provocation.

Une appartenance politique devient une identité définitive.

Une croyance religieuse, une origine sociale, une manière de s’exprimer ou même un parcours de vie suffisent parfois à enfermer une personne dans une étiquette dont elle ne pourra plus se défaire.

Nous avons progressivement remplacé la curiosité par le jugement, le dialogue par l’affrontement et la contradiction par la condamnation.

Pourtant, aucune société ne peut avancer durablement lorsque chacun refuse d’écouter l’autre.

Le mépris est un poison discret. Il ne détruit pas les institutions du jour au lendemain ; il fragilise d’abord les individus. Il érode la confiance, installe la rancœur, nourrit les divisions et finit par rompre les liens qui permettent à une communauté de vivre ensemble.

Les premières victimes sont souvent celles dont on parle le moins : les personnes vulnérables, les jeunes en quête de repères, ceux qui doutent déjà d’eux-mêmes. Une parole humiliante peut laisser une cicatrice plus profonde qu’on ne l’imagine. Les mots ne disparaissent jamais totalement ; ils continuent parfois de résonner longtemps après avoir été prononcés.

Respecter autrui ne signifie pas approuver chacune de ses idées.

La tolérance ne consiste pas à renoncer à ses convictions.

Elle consiste à reconnaître que la dignité humaine ne dépend ni des opinions, ni de la condition sociale, ni de l’origine, ni de la réussite.

Nous gagnerions tous à retrouver une qualité devenue rare : l’humilité.

L’humilité d’accepter que nous pouvons avoir tort.

L’humilité d’écouter avant de répondre.

L’humilité de comprendre qu’aucun être humain ne détient, à lui seul, toute la vérité.

Notre société n’a pas seulement besoin de réformes économiques ou institutionnelles. Elle a également besoin d’une révolution des comportements. Une révolution silencieuse fondée sur le respect, l’écoute, la responsabilité et la bienveillance.

Les grandes civilisations ne se distinguent pas uniquement par leurs monuments ou leur puissance économique. Elles se distinguent surtout par la manière dont elles traitent les plus faibles, les plus différents et ceux qui ne leur ressemblent pas.

Changer le monde commence rarement par de grands discours.

Cela commence par une parole plus juste.

Un jugement retenu.

Une main tendue.

Un sourire sincère.

Certains trouveront cette vision naïve.

Libre à eux.

Mais toutes les sociétés qui ont progressé ont commencé par croire qu’il était possible de remplacer la peur par la confiance, la haine par le respect et le mépris par la considération.

Sans cet idéal, nous nous contentons d’exister.

Avec lui, nous donnons enfin un sens à notre existence commune.

Par Ndiawar Diop
Éditorialiste – NdiawarDiop.com

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