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La Trahison en Politique: la nouvelle stratégie pour une réussite sociale ! Par Ndiawar Diop

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La Trahison en Politique: la nouvelle stratégie pour une réussite sociale ! Par Ndiawar Diop

La trahison en politique : une stratégie devenue presque ordinaire

Par Ndiawar Diop

« Prévenir la trahison, débusquer le faux ami, le jaloux parent, le traître avant qu’il inocule son venin est une opération aussi complexe que de nettoyer l’anus d’une hyène. »

Cette formule, attribuée à Ahmadou Kourouma dans En attendant le vote des bêtes sauvages, résume avec une ironie mordante une réalité que beaucoup de citoyens africains connaissent trop bien : en politique, l’ami d’hier peut devenir l’adversaire de demain, et l’adversaire d’aujourd’hui peut parfois devenir le partenaire de demain.

Au Sénégal, les retournements d’alliances, les ruptures spectaculaires et les nouvelles coalitions apparaissent régulièrement à l’approche des élections. Un responsable politique peut quitter un camp après avoir juré fidélité à son leader, rejoindre ses anciens adversaires et expliquer quelques semaines plus tard que cette nouvelle alliance sert désormais « l’intérêt du peuple ».

Le citoyen, lui, regarde, écoute et tente de comprendre.

Mais derrière les grands discours sur les principes, les valeurs et l’intérêt national, une question revient toujours : où commence la conviction et où s’arrête l’ambition personnelle ?

La politique est naturellement faite de compromis. Une démocratie saine permet aux responsables de changer d’avis, de reconnaître leurs erreurs et même de rejoindre une autre formation politique. Changer de position n’est donc pas automatiquement une trahison.

Le véritable problème apparaît lorsque les convictions deviennent variables selon les circonstances, lorsque les promesses électorales sont oubliées dès que les rapports de force changent et lorsque les intérêts personnels prennent le dessus sur les engagements pris devant les électeurs.

C’est à ce moment que la confiance du citoyen commence à disparaître.

Le Sénégal n’est évidemment pas le seul pays confronté à ce phénomène. Dans de nombreuses démocraties, les alliances politiques évoluent, les partis se divisent et les personnalités changent de camp. Mais lorsque ces mouvements deviennent trop fréquents et semblent uniquement motivés par l’accès au pouvoir ou aux avantages qu’il procure, ils nourrissent un profond cynisme dans la population.

Le citoyen finit par se dire que les slogans changent, que les couleurs changent, que les candidats changent, mais que les pratiques restent les mêmes.

C’est précisément cette perception qui est dangereuse pour une démocratie.

Une société ne peut pas fonctionner durablement lorsque les citoyens ne croient plus à la parole de leurs dirigeants. La démocratie repose sur une relation de confiance : le peuple confie temporairement le pouvoir à des représentants et attend d’eux qu’ils respectent leurs engagements et rendent compte de leur action.

Un mandat électoral n’est pas un chèque en blanc.

Il ne donne pas au dirigeant le droit d’oublier ceux qui l’ont élu.

Il ne transforme pas une promesse en vérité permanente.

Et surtout, il ne devrait jamais permettre de confondre intérêt personnel et intérêt national.

Il faut néanmoins se méfier d’une autre forme de simplification : considérer que tout homme ou toute femme politique est nécessairement motivé par la recherche du pouvoir ou de l’argent. Il existe des responsables sincères, des militants engagés et des citoyens qui entrent en politique par conviction.

Mais les institutions doivent être conçues de manière à limiter les dérives individuelles.

La transparence du financement politique, la déclaration de patrimoine, le contrôle des dépenses publiques, la liberté de la presse, une justice indépendante et un véritable contrôle citoyen sont autant de mécanismes permettant de réduire les abus.

Le meilleur antidote à la trahison politique reste finalement un peuple vigilant.

Un électeur qui ne se contente pas des slogans.

Un citoyen qui examine les résultats plutôt que les promesses.

Un peuple qui se souvient des engagements pris avant les élections et demande des comptes après.

Car la mémoire politique est une arme démocratique.

À l’approche de chaque élection, les discours vont recommencer. Les promesses seront nombreuses. Les alliances se formeront. Certaines se briseront. De nouveaux visages apparaîtront et d’anciens adversaires deviendront peut-être de nouveaux partenaires.

Mais cette fois, peut-être faudrait-il poser une question simple à tous ceux qui sollicitent nos suffrages :

Qu’avez-vous réellement fait lorsque vous aviez le pouvoir, et que ferez-vous différemment demain ?

La politique ne devrait pas être une stratégie de réussite personnelle.

Elle devrait être un engagement au service de la collectivité.

Sinon, la trahison finit effectivement par devenir une méthode de carrière.

Et lorsqu’elle devient une habitude, c’est toute la démocratie qui tombe malade.

Par Ndiawar Diop

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