Blocage de Viber au Sénégal : quand la technologie se heurte aux intérêts économiques
Par Ndiawar Diop
Le blocage de l’application Viber au Sénégal avait suscité une vive incompréhension chez de nombreux utilisateurs. Pour des milliers de Sénégalais, cette application représentait bien plus qu’un simple outil de communication : elle permettait de rester en contact avec leurs proches à moindre coût, notamment avec les membres de la diaspora, qui jouent un rôle essentiel dans l’économie nationale grâce aux transferts de fonds.
Cette décision avait rapidement provoqué une vague de critiques, beaucoup y voyant une atteinte à la liberté de choix des consommateurs et un frein au développement des technologies numériques.
Parmi les voix les plus remarquées figurait celle de Me Demba Ciré Bathily, qui avait dénoncé avec fermeté cette situation sur les réseaux sociaux.
Selon lui, à l’heure où les technologies de l’information transforment les modes de communication partout dans le monde, il est difficilement acceptable que les citoyens soient contraints de payer des tarifs élevés pour des services qui peuvent aujourd’hui être assurés grâce aux applications utilisant Internet.
Comme il le soulignait à l’époque, l’arrivée de la Télévision Numérique Terrestre (TNT) en juin 2015 ouvrait une nouvelle étape dans le développement des télécommunications au Sénégal. La libération de fréquences devait permettre une meilleure utilisation du spectre radioélectrique, favoriser le développement de l’Internet mobile et encourager l’émergence de nouveaux services numériques.
Dans ce contexte, tenter de bloquer des applications de communication apparaissait, pour beaucoup d’observateurs, comme une mesure difficilement compatible avec l’évolution rapide des technologies.
Le développement d’Internet a profondément transformé les habitudes de consommation. Les applications de messagerie et d’appels via Internet sont devenues des outils indispensables pour les familles, les étudiants, les entrepreneurs et les travailleurs installés à l’étranger. Elles permettent de réduire les coûts de communication et facilitent les échanges à l’échelle mondiale.
Cette évolution pose naturellement un défi aux opérateurs de télécommunications, dont les modèles économiques traditionnels ont été bouleversés par ces nouveaux usages. Mais la réponse ne peut durablement consister à restreindre l’accès à des services largement utilisés dans le monde.
La véritable solution réside dans l’innovation, l’amélioration de la qualité des réseaux, des offres plus compétitives et une concurrence saine qui profite avant tout aux consommateurs.
Les citoyens ont également un rôle à jouer. Dans une économie de marché, ils disposent d’un pouvoir souvent sous-estimé : celui de choisir les entreprises qui répondent le mieux à leurs attentes. Lorsque les consommateurs sont bien informés et disposent d’alternatives, ils contribuent eux-mêmes à faire évoluer le marché vers davantage de qualité et de compétitivité.
Le numérique est aujourd’hui un moteur essentiel du développement économique. Il favorise l’éducation, le commerce, l’innovation, la création d’emplois et le rapprochement des peuples. Toute politique publique dans ce domaine devrait chercher à encourager ces opportunités plutôt qu’à les freiner.
À l’ère de la révolution numérique, les consommateurs aspirent à plus de liberté, plus de concurrence et plus d’innovation.
Le progrès technologique ne peut être arrêté.
Il peut seulement être accompagné.
Par Ndiawar Diop
Le blocage de Viber au Sénégal, depuis quelques jours, n’est pas du goût de bon nombre de citoyens. Qu’à cela ne tienne ! Me Demba Ciré Bathily, s’est fait l’avocat du peuple en faisant un coup de gueule très apprécié sur sa page Facebook.
« On ne peut pas accepter, au stade actuel de l’évolution des Tic, de payer des centaines de milliers de francs pour une consommation téléphonique »
« Le 17 juin 2015 ne marquera pas seulement les débuts de la télévision numérique terrestre. C’est aussi la libération des fréquences et plus de place pour l’Internet mobile ouvrant la voie à d’autres services. Alors, bloquer des applications de téléphonie par internet, c’est comme arrêter la mer avec les bras. En attendant l’arrivée inévitable de nouveaux opérateurs, s’il y en a qui bloquent des applications, il faut simplement les boycotter massivement au profit des concurrents »
« On ne peut pas être les consommateurs et accepter de subir le diktat des sociétés de téléphonie. Nous avons suffisamment été exploités comme cela. Il faut organiser la résistance ».
Par N’diawar Diop




















































