Siabatou Sanneh : Les 42 kilomètres deviennent le symbole d’un combat pour l’eau !
Par Ndiawar Diop
Je soutiens pleinement Siabatou Sanneh, cette courageuse femme gambienne qui, le 12 avril 2015, a choisi de parcourir les 42,195 kilomètres du Marathon de Paris avec un lourd bidon d’eau posé sur la tête. Son objectif n’était pas de battre un record sportif, mais de rappeler au monde une réalité que des millions de personnes vivent encore chaque jour.
Son message était d’une simplicité bouleversante :
« Aidez-nous à réduire cette distance. »
Dans son village de Gambie, Siabatou Sanneh passait plusieurs heures chaque jour à aller chercher de l’eau, accompagnée de ses deux filles, âgées de 10 et 4 ans à l’époque. Ensemble, elles transportaient de lourds récipients pour rapporter l’eau nécessaire à la vie quotidienne : boire, cuisiner, laver les vêtements et répondre aux besoins essentiels de leur famille.
Ce que les milliers de coureurs du Marathon de Paris accomplissaient en une seule journée comme un défi sportif représentait, pour elle, une réalité quotidienne.
Son geste a profondément marqué les spectateurs. En marchant en sandales, vêtue de sa tenue traditionnelle et portant un jerrican sur la tête, elle a transformé l’un des plus grands événements sportifs d’Europe en une tribune mondiale pour sensibiliser à l’accès à l’eau potable. Cette initiative, portée par l’organisation Water for Africa, visait à mobiliser des fonds pour financer la construction de puits et de pompes dans des villages où l’eau reste difficile d’accès.
L’histoire de Siabatou Sanneh dépasse largement le cadre de la Gambie.
Selon les Nations unies, des milliards de personnes dans le monde ne disposent toujours pas d’un accès sûr à l’eau potable ou à des services d’assainissement adéquats. En Afrique subsaharienne, les femmes et les jeunes filles sont les premières concernées. Elles consacrent souvent plusieurs heures par jour à la collecte de l’eau, au détriment de leur santé, de leur éducation, de leurs activités économiques et de leur sécurité.
Chaque kilomètre parcouru pour chercher de l’eau est un kilomètre qui n’est pas consacré à l’école, à une activité génératrice de revenus ou au repos.
L’accès à l’eau potable n’est pas seulement une question de confort.
C’est une question de santé publique, de dignité humaine, d’égalité entre les femmes et les hommes et de développement durable.
L’eau est indispensable à la vie, mais elle demeure encore un luxe pour des millions de familles africaines.
L’histoire de Siabatou Sanneh nous rappelle qu’un simple geste peut éveiller les consciences. En parcourant symboliquement la distance d’un marathon, elle a donné un visage humain à une crise que les chiffres ne suffisent pas toujours à raconter.
Son courage mérite notre admiration.
Son message mérite surtout d’être entendu.
Car aucun enfant ne devrait manquer l’école pour aller chercher de l’eau.
Aucune mère ne devrait consacrer plusieurs heures par jour à une tâche qui pourrait être résolue par un simple point d’eau à proximité de son village.
Le véritable marathon n’était pas celui de Paris.
Le véritable marathon est celui que des millions de femmes africaines parcourent, chaque jour, dans l’espoir de rapporter quelques litres d’eau à leur famille.
Par Ndiawar Diop
Yes i support the Gambian woman Siabatou Sanneh who displays a sandwich board which translates as « In Africa women walk this distance each day for drinking water » as she carries a jerrycan of water on her head while walking the route of the 39th Paris Marathon in Paris, on April 12, 2015, to raise awareness for the cause of charity « Water for Africa. »
Par Ndiawar Diop



















































